

C’est comme s’endormir
Ni veille ni sommeil, certains chercheurs en parlent comme d’une veille paradoxale : proche du sommeil paradoxal où se produisent une grande partie des rêves, un moment d’intense activité cognitive ( imagination, mémorisation, tri des informations, futurisations … )
Contrairement au sommeil ( non “troublé” comme dans les parasomnies par exemple ), le corps reste en mouvement.
C’est truqué
Si vous avez déjà essayé d’imiter des personnes sous hypnose allongées comme une planche rigide entre deux chaises, à moins d'être un.e disciple de Bruce Lee ( et encore ), vous n’avez probablement tenu très longtemps ( et vos abdos s’en souviennent encore ).
On parle de catalepsie : le tonus volontaire est suspendu temporairement, une partie du corps reste dans une position figée.
L'hypnose permet en effet un accès poussé aux fonctions automatiques notamment du corps, d’où son intérêt pour les douleurs chroniques ( anesthésie par exemple ), les insomnies, le stress chronique, entre autres...
Comment ça marche ?
Pour résumer, il y a deux leviers majeurs :
~ le déclenchement par l’imaginaire et par l’activation émotionnelle de réactions physiologiques bien réelles ( respirations, battements du coeur, relâchement musculaire, activation du nerf vague, sécrétions de neurotransmetteurs … )
~ la modification du récit de soi en se racontant une autre histoire sur qui on est, ce que l’on a vécu et ce que l’on est capable de faire.
Notre cerveau ne fait pas de différence entre réel et imaginaire, il anticipe et réagit en permanence à ce que nous expérimentons, en pensées comme en actions.
Imaginer dans tous ses détails un citron juteux sur la bouche nous fait saliver ; repenser à un souvenir heureux nous fait sourire et nous apaise ; anticiper un obstacle ou un moment anxiogène nous serre la poitrine et nous fait battre le coeur et les tempes.
C’est de la manipulation
Oui.
L’hypnose est un état de suggestibilité augmentée, d’où son intérêt pour changer des comportements qui nous dérangent ou nous empêchent d’avancer.
D’où l’importance cruciale dans le choix de votre praticien.ne.
Certains pratiquent l’hypnose à la manière du coaching : en vous suggérant avec beaucoup de bienveillance comment il serait bon que vous changiez, selon leur point de vue.
Le but serait plutôt d’apprendre à vous auto-manipuler, comme on peut apprendre l’auto-massage.
Il faut lâcher prise / On perd le contrôle
Plutôt le contraire.
Oui, on ressent les choses différemment en se focalisation plus sur ses ressentis internes, certaines perceptions peuvent être judicieusement modifiées ( l’espace, le temps, la vision, les sons, le toucher … ).
Non, on n’entre pas dans un tunnel d’inconscience ni dans une boîte noire où on ne sait pas ce qui se passe et où on ne se souvient de rien.
( Sauf si on s’est un peu planté dans le choix de son praticien.ne ).
L'état d'hypnose est un état très fluide, il fluctue naturellement au cours d'une séance. Il y a des phases plus profondes que d’autres, et il n’est pas indispensable d’atteindre les états les plus profonds pour atteindre les changements les plus forts.
L’hypnose, c’est avant tout reprendre le contrôle.
D’abord parce que c’est vous qui donnez l’autorisation pour “y aller” : si vous êtes en sécurité et en confiance avec votre accompagnant, et si vous vous donnez la permission à vous même de vivre cette expérience singulière.
C’est aussi un engagement : c’est vous qui décidez de changer, et comment, en validant les pistes ouvertes à chaque étape.
Vous reprenez le contrôle sur vos émotions, non pas pour les dompter mais en désamorçant les luttes ou les malentendus intérieurs qui sont à l’origine de vos blocages.
Et il s’agit de votre responsabilité : l’hypnose n’est pas une baguette magique et votre praticien n’a aucune de vos solutions. Le but est de vous aider à aller les chercher en vous.
Une idée venant de quelqu’un d’autre que vous aura souvent beaucoup moins de puissance en terme de changement qu’une idée venant de vous-même, y compris si c’est la même.
Si vous venez pour une séance d’hypnose, c’est pour autre chose que des conseils que vous connaissez sans doute déjà ;-)
Mes secrets-peurs-traumas vont exploser
Non, l’objectif d’une séance n’est pas d’aller « réveiller » à tous prix vos secrets ou vos traumas les plus enfouis.
Et oui, certaines émotions fortes et souvenirs peuvent émerger spontanément.
Et tant mieux ! Ce sera le signe que vous êtes à un endroit important pour vous.
Oui, ça peut secouer. Et donc remettre du mouvement, donc du changement.
C’est ici que se joue le rôle de votre praticien.ne : par sa présence solide, par son écoute pour vous accompagner pas à pas, par sa formation pour adopter la posture qui convient.
Ce qui se dit et se vit en séance est strictement confidentiel.
Vous pouvez donc tout dire - et ne pas tout dire, votre praticien.ne n’est pas là pour vous juger.
Une séance, c’est un espace de liberté où l’on peut s’autoriser à penser, ressentir, dire, bouger, imaginer autrement.
On va me refiler des faux souvenirs
C’est un risque. Un praticien mal intentionné ou maladroit peut vous suggérer des faits qui ne vous correspondent pas.
Parce que l’hypnose est un état où l’on est plus sensible aux suggestions.
Et parce que la mémoire est un processus très flexible : chaque souvenir est teinté d'un contexte, d'une émotion, d'un tri. D’autant qu’un souvenir se transforme un peu plus à chaque fois qu’on se le remémore.
En hypnose, on ne modifie pas ses souvenirs : on change les représentations que l’on a de son passé. On ne change pas l’histoire mais la façon dont on se la raconte.
Et ça change tout ;)
On peut rester « coincé(e) »
Non : même en l'absence de suggestion de « retour », la conscience ordinaire se rétablit naturellement, comme lorsqu'on s'arrête de rêver. Les cycles du corps reprennent toujours le dessus.
On peut même se programmer à soi-même un “réveil” en auto-hypnose, après tant de minutes ou à telle heure.
Nous avons tous un “timing” intérieur lié à la perception du temps extrêmement précis.
Des précautions sont toutefois à prendre si vous souffrez ou avez déjà souffert d’un trouble ayant occasionné une crise psychotique avec dissociation.
Surtout, parlez-en à votre praticien.ne : en responsabilité partagée, vous déciderez de la suite à donner à votre accompagnement.
C’est comme de la relaxation
Ça peut. Une détente musculaire profonde ( en accédant aux fonctions automatiques profondes ), en particulier quand on ne l’a jamais vécu, provoque un relâchement physiologique bénéfique en soi.
Mais ce serait dommage de se priver de tout le reste des outils hypnotiques : jouer avec l’espace, garder les yeux ouverts, mobiliser une partie du corps seulement…
L’hypnose, c’est de la dynamie !
Du mouvement où tout peut aussi se jouer “à l’intérieur”, en imagination : vous êtes l'acteur et le réalisateur du film que vous tournerez en séance.
Et certaines séances peuvent aussi se dérouler comme une “simple” conversation : pas comme au café ou avec son meilleur ami, mais avec une approche et un questionnement décalés.
Prises de conscience et auto-toilettage de ses schémas de pensées à la clé ;)
Ça n’est pas pour les enfants
Si.
Dès les premiers jours de la vie, caresses, bercement, murmures, sons peuvent être mobilisés pour aider un bébé à mieux faire ses nuits ou à mieux vivre un soin … comme chez les adultes d’ailleurs.
Même in utero, en préparation de l’accouchement ou pour accompagner la grossesse, les outils de l’hypnose sont tout à fait indiqués.
Jusqu'à 6 ans, s'adapter à l'énergie souvent débordante et à l'attention parfois diffuse des jeunes enfants.
en alternant entre jeux, dessins, contes, respirations, mimes ...
À partir de 6 ans, l'imagination, le langage, raisonnement, l’image de soi, la place dans la famille et dans le monde, les émotions, autant de capacités cognitives en plein bourgeonnement, fantastique terrain de jeu et d’apprentissage avec l’hypnose.
À l'adolescence, grand chambardement hormonal, social, parfois familial, le challenge se place plutôt au niveau de l'identité, de la motivation et de l'envie : souvent emmené bon gré mal gré par un parent, l’enjeu du praticien.ne sera de viser avec l’ado ses propres désirs de changement.
En une séance, tout sera réglé
Ça dépend.
L'hypnose n’est pas la panacée, elle ne pose pas de diagnostic et ne guérit de rien, elle accompagne.
Une séance n’est pas une consultation médicale, et votre praticien.ne prendra soin de vous poser la question d’un éventuel suivi médical relatif à votre demande, dans votre intérêt.
L'hypnose ne fera pas repousser un membre amputé mais peut se révéler un atout précieux en cas de douleurs fantômes.
L'hypnose ne guérira pas un cancer mais peut être envisagée pour adresser votre moral, vos douleurs, votre moral, certains effets secondaires de la chimio ( en accord avec votre équipe soignante ).
L'hypnose ne ramènera pas quelqu'un à la vie, mais peut accompagner un chemin de deuil propre à chacun.
Parfois, parce qu’un déclic se produit ou parce que vous avez déjà fait une grande partie du parcours, une seule séance suffira. Phobies et l’hypnose matchent très bien aussi.
Le plus souvent, plusieurs séances sont à prévoir : de la première séance où vous apprivoisez votre hypnose bien à vous, à la dernière séance décidée de concert pour vous transmettre en toute autonomie des outils d’auto-hypnose, il y a … tout un chemin !
L’hypnose reste tout de même dans le giron des thérapies brèves, avec une fourchette large de 3 à 10 séances passées sur une demande particulière.
Ça n'est pas pour moi
Si vous venez contraint par un proche ou une situation, peut-être pas, mais nous pouvons en discuter.
Si vous attendez une baguette magique sans engagement de votre part, l’hypnose a peu de chance de vous permettre de changer.
Si tout ce qui précède ne vous a pas un peu fait changer d’avis ni éveillé votre curiosité, n’y allez pas. Ou pas avec moi, et je serai ravie de vous proposer d’autres noms et d’autres approches si vous le souhaitez :)
Pour le reste, si aucun boulet ni aucune boule au ventre ni aucune araignée au plafond ni mauvais lutin ni curiosité d’exploration ne vous tenaillent, fantastique, le monde a besoin de vous !